Laurent Barat : « Je dois beaucoup à Gad Elmaleh. »

Humoriste Laurent Barat spectacle grandi Palais des Glaces ParisInterview – Laurent Barat cartonne avec son spectacle Laurent Barat a (presque) grandi ! au Petit Palais des Glaces à Paris. nicetime a rencontré l’humoriste originaire de Nice.

nicetime : En quelques mois, vous êtes passé du statut d’employé de bureau à celui d’humoriste. Ce n’est pas banal comme parcours…

Laurent Barat : Effectivement, ce n’est pas banal. J’ai travaillé pendant 10 ans comme employé dans le centre d’appel téléphonique de l’aéroport de Nice. C’est la ville dont je suis originaire. Mon boulot, c’était grosso modo de me faire engueuler par les clients mécontents (rires). Mais je garde quand même de très bons souvenirs de cette époque.

« J’ai commencé en faisant du théâtre avec mes collègues à l’aéroport de Nice Cote d’Azur. »

nicetime : Comment avez-vous atterri sur scène ?

Laurent Barat : Je faisais du théâtre dans la troupe amateur de l’aéroport. C’était une façon de s’intégrer à l’entreprise et de resserer les liens avec les collègues. Par ailleurs, je suis quelqu’un de plutôt joyeux dans la vie. J’aime faire rire mes potes. C’est ainsi qu’une amie m’a conseillé d’envoyer un DVD à Mado la Niçoise. Histoire de lui montrer ce que je savais faire. J’ai bien fait car ça l’a fait marré. Elle m’a dit : « toi, tu devrais faire de la scène. »

nicetime : Comment avez-vous réagi à ce moment-là ?

Laurent Barat : J’étais flatté même si je n’avais que quelques sketchs peu élaborés. Mais ça m’a motivé. Et du coup, je me suis mis à écrire un peu plus « sérieusement ». Une fois que j’ai eu quelques sketchs un peu plus construits, Mado m’a proposé de faire ses premières parties dans son théâtre des Oiseaux à Nice. Dans la foulée, j’ai rencontré mon futur producteur, Gil Marsalla. C’est là que tout a vraiment commencé.

« J’ai beaucoup progressé auprès de Pascal Légitimus. »

nicetime : Que s’est-il passé ensuite ?

Laurent Barat : Grâce à Gil, j’ai pu faire les premières parties d’autres artistes : Patrick Timsit et les Chevaliers du Fiel notamment. En parallèle, j’ai participé à plusieurs émissions télé : On n’demande qu’à en rire sur France 2, Ma ville en rire sur France 3… J’ai surtout intensifié mes séances de travail pour construire un vrai spectacle. Mois après mois, je l’ai rodé dans des petites salles. Puis ma rencontre avec Pascal Légitimus a été un vrai tournant. Il a mis en scène le spectacle et ça a changé beaucoup de choses. J’ai énormément progressé à ses côtés. Il m’a notamment appris à interpréter des personnages.

nicetime : Et l’aéroport dans tout ça ?

Laurent Barat : J’ai continué pendant toutes ces années. Mais à un moment donné, c’est devenu chaud notamment lorsque j’ai commencé à assurer des premières parties de Gad Elmaleh. J’ai pris un congé sans solde. Puis en 2014, j’ai fini par démissionner. Le choix a été vraiment difficile. Je suis fils de fonctionnaire. Quand on a un CDI et un bon travail, on est sensé le garder et pas devenir homme de scène. C’est trop risqué ! En tous les cas, c’est ce qu’on m’a appris.

« J’ai fait les premières parties Gad Elmaleh. Presque 70 dates au total. »

nicetime : Comment vous êtes-vous retrouvé à faire les premières parties de Gad Elmaleh ?

Laurent Barat : C’était en 2013. Gad cherchait quelqu’un pour assurer sa première partie au Théâtre de la Cité à Nice. Sa production m’a contacté et ça s’est fait tout simplement. Je pensais que ce serait juste un one shot mais il a tellement aimé qu’il m’a demandé via sa production d’assurer d’autres dates et notamment 4 au Zénith de Montpellier. Au final, j’ai assuré 67 dates de sa tournée. C’était un pur bonheur et ça m’a permis de me faire connaitre au plus grand nombre. Je remercie Gad pour tout ce qu’il a fait pour moi. Je lui dois beaucoup.

« Gad Elmaleh est un vrai pro et un gros bosseur. Sa réussite, il l’a doit vraiment à son travail. »

nicetime : Comment est-il ?

Laurent Barat : C’est un vrai pro et un gros bosseur. Sa réussite, il l’a doit vraiment à son travail. Avec lui, c’est c’est « amuse toi, kiffe, profite du moment. » Humainement, c’est aussi quelqu’un de bien. Un jour où j’étais pris dans un problème de transport, il m’a invité dans dans le jet privé loué par sa prod afin que je puisse arriver à l’heure à mon travail. C’est la seule fois de ma vie ou je suis arrivé au taff par la piste. (rires)

nicetime : N’est-ce pas trop dur de jouer dans des petites salles comme le Petit Palais des Glaces lorsqu’on a joué devant des salles de 5.000 personnes ?

Humoriste Laurent Barat spectacle grandi Palais des Glaces Paris afficheLaurent Barat : C’est surtout très différent : faire rire 5.000 personnes pendant un quart d’heure et 50 – ou parfois moins – pendant une heure et quart, ça n’a rien à voir. Gad me l’a d’ailleurs dit : « Je t’ai fait un beau cadeau mais qui risque d’être empoisonné si tu le gère mal. » Au final, je l’ai bien géré donc tout va bien.

L’amour, le couple, la famille, les régimes, la télé-réalité…

nicetime : Parlez nous de votre spectacle Laurent Barat a (presque) grandi !. Quels sont les thèmes que vous abordez ?

Laurent Barat : L’amour, le couple, la famille… : tout ce qui fait la vie en fait. Mais aussi la vie au bureau, les régimes inefficaces ou encore la télé-réalité. Je décortique tout ça avec beaucoup d’humour.

nicetime : La famille, c’est notamment votre grand-mère Emilie ?

Laurent Barat : Oui, elle a 87 ans et toute sa tête. Elle est super fière de moi et lit tout ce qui est écrit à mon sujet dans la presse, sur le web et même sur facebook. Elle est incroyable ! C’est la femme de ma vie.

nicetime : Et l’autre femme de votre vie, celle avec laquelle vous pourriez vous marier et avoir des enfants, vous ne l’avez toujours pas trouvée ?

Laurent Barat : Et non, c’est compliqué. Je suis un fils de divorcé. J’ai toujours vécu le couple comme quelque chose de fragile. Ça a sans doute des répercutions aujourd’hui. J’adore être seul.

« J’ai envie d’être papa mais je ne suis pas sûr d’être prêt. »

nicetime : Et la paternité, c’est un autre sujet qui vous tient à coeur. Pourquoi en parlez-vous tant dans le spectacle ?

Laurent Barat : J’ai envie d’être papa. Mais c’est encore plus compliqué. Non seulement il faut trouver la mère mais en plus il faut être prêt psychologiquement. Et aujourd’hui, je crois que j’ai du mal à sortir de cette zone de confort dans laquelle je me trouve d’où le titre du spectacle Laurent Barat a (presque) grandi !.

nicetime : Comment trouvez-vous votre inspiration ?

Laurent Barat : Chaque moment de la vie m’inspire et peut être sujet à un sketch. Il suffit de regarder autour de soi.

Par Nicolas Nissim

Laurent Barat a (presque) grandi !, jeudi, vendredi et samedi au Petit Palais des Glaces à Paris. Réservations ici.

Crédits photos : Stéphane Kerrad